L’art-thérapie d’inspiration analytique:
L’art-thérapie (d’inspiration analytique) voit le jour dans un contexte civilisationnel caractérisé par une crise sans précédent, dont les signes révélateurs du symptôme de la perte des repères dénoncée par l’ « Opinion » sont : la remise en question du couple et de la famille cellule de base de la société, la contestation de l’autorité paternelle et de ses métaphores sociales, la transgression de la différence traditionnelle des sexes, l’intolérance à la frustration, la revendication effrénée du droit à la jouissance, la méconnaissance de la valeur fondatrice du travail, la perte du sens de l’existence, le triomphe du sentiment de l’absurde, source du Désespoir qui enveloppe l’Humanité actuelle et, pour comble, la catastrophe environnementale qui menace la permanence du monde dans l’Espace et le Temps.

L’art-thérapie d’inspiration analytique s’assigne comme objectifs d’apporter sa contribution à la restauration du « Tissu social » en état de déliquescence, en instaurant des relations de soutien et de « guidance » dans les familles en difficultés de cohésion, auprès des enfants et des adolescents en mal de socialisation, des écoliers et des étudiants confrontés aux échecs, et en oeuvrant à la réintégration des marginalisés.
L’approche psychothérapeutique, constitutive de la phase préliminaire, est basée sur la relation d’écoute des patients, afin que ceux-ci apprennent à mettre en mots leurs émotions, leurs sentiments et leurs phantasmes.
L’intérêt de cette médiation : empêcher les « passages à l’acte » et favoriser l’émergence de la conscience de soi (support de l’identité) à travers les relations d’échanges avec le psychothérapeute, substitut du père représentant de l’Autorité sociale.

L’approche art-thérapeutique : l’art-thérapie est une technique de cure qui a recours à la médiation artistique, nécessitée par la déliquescence de la parole discursive, de plus en plus infiltrée par des pulsions de destruction.

Dans sa phase propédeutique, l’art-thérapie revêt la forme d’une activité de décharge qui vise à l’évacuation des pulsions dites « anales » ( asociales) dont la destructivité refoulée a pour effet de briser les liens psychiques, de créer un chaos psychique d’où partent les explosions de violence sociale.
Le matériel d’expression, pour le candidat à l’art-thérapie, qui a choisi la médiation de la peinture, est constitué par un carton, à dessein immaculé, symbole de la mère anale interdite, des pastels de couleur brune qui représente des analogies avec les matières fécales, des craies de couleur également brune représentant des pulsions sadiques-anales.
L’activité de décharge inaugurale consiste à souiller le support substitut de la mère anale et à l’agresser de toutes les manières en faisant appel, selon l’inspiration de son organisation sadique, à des objets contondants ( couteau, ciseaux, cutters, etc.)
Le processus consacré à l’abréaction des pulsions agressives refoulées prend fin avec la destruction et la réduction en déchets immondes du support artistique vierge vecteur de l’Interdit fécal , principe fondateur de l’état social répressif., pour ignorer la médiation du Nom-du-père .


Dans la phase créatrice proprement dite, l’art-thérapeute substitut du père porteur de phallus (représentant de l’Autorité sociale) a pour fonction d’user de toute son expertise pour amener le patient à maîtriser ses pulsions de jouissance-destruction, en inter-posant la Loi, qui favorise la promotion des formes significatives constitutives du Système symbolique : matrice de l’être social.
L’art-thérapie présente l’intérêt d’opérer, grâce à la médiation de la Loi, la transposition en métaphores des pulsions de jouissance anales infiltrées, et par voie de conséquence de promouvoir des formes pures : structures du langage habité par la Loi du Père.
Avec l’appropriation (et la médiation) du Nom-du-père et l’aptitude à la créativité qui en résulte, l’homme esclave de la puissance-destruction s’humanise dans le « Champ symbolique », sa vraie Patrie.


Un nouveau jour se lève, porteur d’espoir pour le patient matricide, lorsque, gagné par la culpabilité rédemptrice, il en appelle à la médiation du père, pour le sauver de la menace psychotique.
L’activité créatrice qui en résulte est le signe d’éveil de ses capacités réparatrices génératrices d’espoir au sein de sa déréliction.
L’espoir résulte donc de la capacité de maîtriser l’Imaginaire et de générer le Symbolique, grâce à la médiatisation de la relation duelle par le Nom-du-père.
Cet espoir ne rassure pas seulement le patient créateur sur sa situation dans le monde, il le rassure également sur celle du monde, auquel la maîtrise de l’Imaginaire oral-anal évite les dangers écologiques liés au processus de fécalisation de la Nature.
L’actuelle « conscience environnementale » n’est pas authentique car elle sépare artificiellement les problèmes socio-politiques et environnementaux, oubliant que c’est parce que l’homme est l’otage de ses pulsions orales-anales, qu’il met à mal sa propre subjectivité, la Société et l’environnement.
Gardons-nous de les prendre au sérieux, ces êtres dévorants, bien intégrés à la « société de consommation » et de gaspillage, qui prétendent avoir des préoccupations écologiques et ne nous berçons pas d’illusions : le changement authentique passera par la remise en question des fondements de la culture dominante, qui prône que l’Homme devienne le « Maître et possesseur du monde » et que la « volonté de puissance » soit son credo.


S’agissant de la production des effets thérapeutiques, il faut dénoncer avec vigueur la supercherie selon laquelle l’appropriation intellectuelle d’une technique suffit pour garantir les résultats escomptés.
En effet l’essentiel réside dans l’esprit de la technique, qui transcende son corpus et s’identifie avec l’âme de son auteur : du Nom-du-père.
C’est la raison pour laquelle l’efficacité thérapeutique postule une formation adéquate qui identifie celui qui aspire à la fonction de thérapeute au père créateur de la théorie transposée en technique pour assurer son application.

Procéder ainsi serait une manière admirable, non seulement d’assurer l’ordre et l’authenticité dans le panthéon des pères créateurs, mais de tordre le cou à la tentation continuelle de parricide, fauteur des désordres qui sapent les fondements de l’Edifice culturel et de favoriser l’avènement et la prévalence de l’Ordre symbolique.

Les chances de sursaut et de restauration de l’Humanité en voie de régression postulent donc la prise en compte de la valeur initiatique de l’art-thérapie dont l’intérêt majeur est de favoriser l’accès à la « maîtrise anale » condition d’entrée dans le champ symbolique : ce lieu d’accomplissement du sujet moral investi du sens de ses responsabilités envers la personne humaine et son environnement.
A juste titre les initiés africains ont dit dans le passé « un médicament qui n’est pas béni par son découvreur perd son efficacité entre les mains du voleur ».

GALERIE




image
image