
L’art-thérapie et la refondation du langage:
Créé par les pères fondateurs de l’ordre culturel pour guider les hommes dans leur existence sociale, le langage est tombé entre les mains des non-initiés qui en ont fait l’instrument de leur désir de toute puissance.
Ainsi le beau « Tissu » des pères, en étant aliéné, s’est il effiloché pour finalement tomber en quenouille.
On comprend qu’aujourd’hui le langage ne soit plus le langage mais son simulacre. En vain attend-on encore de lui la fonction de structuration du sujet et de médiation qu’il est censé remplir. C’est pour tenter d’apporter des éléments de réponse à la question : « que faire? » des hommes désemparés et angoissés que l’art-thérapie a vu le jour et revendique le droit de cité.
En effet, purger le langage des pulsions anales infiltrées (qui le font déchoir de son statut de moyen de communication pour le réduire à celui d’objet transitionnel), et le refonder sur le « roc » du Nom-du-père, telle est la finalité que s’assigne l’art-thérapie.
La réalisation de ce projet prescrit à la technique de se décomposer en deux phases :
-la phase préliminaire au cours de laquelle le patient engage avec le support (substitut de la mère) qu’il a maculé de matières picturales (substitut des matières fécales), un affrontement où il met en jeu toutes les ressources de son imagination sadique, aux fins d’anéantir le persécuteur anal
-le sentiment de toute-puissance qui accompagne la destruction et la menace de délire des grandeurs qui couronne la manipulation des déchets (objet anal passif) est le signe que le patient a atteint son but en violation de la loi
Ce moment de triomphe ne dure pas longtemps : lui succèdent sans tarder un sentiment de culpabilité et d’angoisse psychotiques dont le patient qui a fait le transfert positif sur la personne de l’art-thérapeute (représentant du Nom-du-père), se défendra en l’appelant à sa médiation active.
C’est ainsi que le patient entre dans la voie de la réparation symbolique, à la faveur de l’activité artistique créatrice de formes significatives ou « beaux-restes » : éléments pré-verbaux qui vont lui ouvrir les portes d’entrée dans le champ du Langage humanisant.
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